vendredi 20 mai 2011

MEXICANS WITH GUNS - CEREMONY (DUBSTEP)



Quel drôle de nom d’oiseau que Mexicans With Guns ! Plutôt un oiseau coloré comme ces crânes traditionnels en papier mâché qu’on peut trouver lors de la fête des morts mexicaine. Des couleurs assimilées aux différentes facettes que nous présente l’américain de San Antonio dans son nouvel et premier long effort : Ceremony qui sortira le 10 Mai prochain chez Innovative Leisure.

On comprend vite l’intitulé de cet opus. Ceremony, l’introduction Opening Incantation ne fait que confirmer l’idée : Mexicans With Guns veut nous envoûter à coup de rituels Maya. Il réussit magnifiquement bien l’opération, Jaguar et Restart s’enchaînent mais ne se ressemblent pas. Se succèdent des sonorités dubstep travaillées, recherchées, une bass line parfois au second plan vient compléter le tout. On retrouve dans un deuxième acte Fields et Deities aux sons plus froids et synthétiques que précemment, la voix de Sasha Perera vient faire son apparition sur Deities.

Mexicans With Guns marque le début des hostilités et nous sert deux titres Hip Hop avec Highway To Hell et son instru’ reprenant des sons « folkloriques » et Got Me Fucked Up virants complètement dans le Grime, vraiment étonnant venant du producteur. Peut-être voulait il s’éloigner de ce style Club (il le dit lui même sur Myspace, mais qui croit Myspace aujourd’hui ??) qui le suivait comme son ombre, en tout cas c’est une franche réussite. Cet homme mi producteur mi combattant de Lucha Libre fait comprendre ses intentions, il est furieux et fait appel à Ah Puch, dieu de la mort avec ses titres endiablés El Sol Y La Luna, Dame Lo (présente sur l’EP) et Death and Rebirth. A quand la grande messe au sommet de la pyramide de Teotihuacan devant des fidèles ensorcelés ? Le mexicain d’adoption de San Antonio traverse le Rio Grande volontiers, et toutes les frontières par la même occasion pour répandre sa musique dans le monde entier. Il finit sur un titre plus calme aux allures d’electronica nommé El Moreno : bluffant, le bougre a du talent.




mardi 10 mai 2011

ORGONE - KILLION VAULTS (FUNK)


Orgone est l’un des collectifs funk les plus excitants du moment, gorgé de groove au soleil californien et que, même sans voix, toutes les conditions sont réunies pour mettre le feu, comme une allumette à la garrigue estivale. Du funk instrumental dans la plus pure tradition et qui fait le grand pont avec les excessifs Budos Band dans leur façon de tutoyer tout ce qui affole les sens. 


jeudi 21 avril 2011

AMON TOBIN - ISAM (ELECTRONIC)


Non vous ne rêvez pas, il est bel et bien de retour, Amon Tobin, revient avec un nouvel album et vient de déclencher un compte à rebours de trois mois tout rond. Après une longue absence de trois ans et demi avec l’inoubliable Foley Room, Mr Tobin avaient aussi réalisé quelques morceaux étonnant d’ailleurs, par exemple le morceau dubstep Mr Tree, et laissé en libre téléchargement quelques tracks dans les Freesbie de son site web. Mais maintenant l’heure est venue de nous remettre une petite raclée avec ISAM, son sixième album studio en solo il me semble, en mettant de côté les soundtracks, le projet Two Fingers, et la série de morceaux qu’il proposait sans son site chaque mois sous le nom de Monthly Joints Series pour au final boucler un album. On peut donc dire que sa discographie en 2011 commence à réellement être gonflée, et pour ce que l’on sait pour le moment sur ce nouvel opus, l’album a été et est entrain d’être enregistré en Californie. Le master cherche encore de nouvelles techniques et instruments pour réussir à épater la galerie avec des sons uniques, et pour tout ce qu’il en est de ses dates et autre projets, le tout est en stand by.

mercredi 20 avril 2011

JFX MEETS BLEUBIRD (ELECTRO HIP-HOP/DUBSTEP)




Depuis son intégration au booking de Jarring Effects en 2009 et son apparition au Riddim Collision #11 on attendait forcément notre impétueux MC au tournant. Globe-trotter infatigable, aussi à l’aise à la production qu’au micro, Jacques Bruna aka Bleubird a profité de ses escales entre la Floride, Montréal ou Berlin pour nous concocter quelques tracks hip-hop de très haute volée que nous avons grand plaisir à vous présenter aujourd’hui. Il revient donc le 14 février prochain armé d’un maxi digital redoutable, accompagné pour l’occasion des producteurs lyonnais Uzul, Led Piperz, R;Zatz et Grosso Gadgetto. En ressortent 4 titres aussi homogènes que percutants, où notre homme réaffirme son potentiel à tenir en haleine les amateurs et néophytes de hip-hop de tous bords. Et quelle entrée en matière ! Be Brave, avec Led Piperz (vidéaste de High Tone) à la production est un vrai bulldozer combinant la bass music UK défendue par notre confrère (et voisin de palier) d’Airfl ex Labs à un mitraillage vocal sans concession. Sur Treasures, les excellentes wobbles d’Uzul flirtent avec le flow ravageur du canadien, tour à tour lancinant puis incisif, livrant
ainsi un hip-hop sombre et texturé non sans rappeler certaines réalisations de nos voisins suisses Reverse Engineering. Le troisième titre, Hands free, est signé R;Zatz aux arrangements et aux choeurs. On reconnaît ainsi dès les premières notes la patte si particulière de la formation, qui accueille les paroles du rappeur
dans un cocon douillet fait de sons trip-hop et de nappes de synthé old school.

Enfin, l’EP s’achève par une piste toute en tension, Goulag (on comprend la légitimité du nom après son écoute). Cette dernière confronte les guitares obsédantes et rythmiques indus made in
Gonzalezeum (machiniste du trio Grosso Gadgetto) au récit poignant et sans fioritures de Bleubird. Examen réussi donc pour notre apatride, qui présente une fois de plus un EP atypique et détonnant, dans la lignée de ses productions précédentes.

WAKCUTT - JLD N°105 (DUBSTEP/GLITCH HOP)




TRACK LIST:
01. Moviesign Intro
02. Samples – Boss w/ shouts from Emotionz
03. Bassnectar – Wildstyle w/ Emotionz Graffiti Mentalitiy
04. DJ Swamp – Ring of Fire
05. Stickybuds – Boh Riddim
06. Subvert – Speaker Humpin’ (Opiuo Remix) w/ Ludacris Deeps Mash
07. BadboE – Shine Like A Halo
08. Rench – Up From Low (Busta Remix)
09. Alex Mind VS. Syl Johnson – Different Boogie (Funkanomics Blowup)
10. Robinson VS. Hendrix – Gypsy Fire (Funkanomics Blowup)
11. Figure – Torture (Wakcutt Remix)
12. D-Styles – Cliffords Mushtache feat. Q-Bert
13. Parker VS. Black Sabbath – Iron Mandem
14. Nick Thayer – Just Let It Go (Mat The Alien Remix)
15. Greenlaw – Go In Peace (Mark Instinct Remix)
16. Guttstar – Burlington Bounce w/ Bust A Move
17. Dodge & Fuski – Pornstep
18. Downlink – Emergency
19. Downlink – Emergency (Elite Force Remix)
20. AC Slater – Calm Down feat. DJ Craze
21. Qemists & Maxsta – Renegade (Qemists VIP)
22. Freestylers – Cracks feat. Belle Humble (Flux Pavilion Remix)
23. Excision & Datsik VS Liquid Stranger – Swagga With My Grandma
24. Noisia – Alpha Centauri (Datsik & Excision Remix)
25. Die Antwoord – Evil Boy
26. DJ Hellfish – Speed Drinking
27. Liquid Stranger – Destroy Him My Robots w/ Four Twenty MC
28. Slumdogz – Keep The Place Hoppin w/ Four Twenty MC
29. Pendulum – Painkiller (Kouncilhouse Remix)
30. Bassnectar – Boombox (Datsik Remix)
31. Kinzy – Fully Blown Out (Drumstep VIP)
32. Terravita – Up In The Club
33. Figure – Have You Fucked Up (Punks Get Jumped)
34. Mark Instinct – Kila (Subsonic Drumstep Mix)
35. Hamilton – Soundboy
36. Dope Ammo – Cold Rock A Party (Slumdogz Remix)
37. Drastik Measures – Murderah
38. Delta Heavy – Abort
39. Ed Solo – Bad Bwoy
40. Chali 2na – Lock Shit Down feat. Talib Kweli (Mat The Alien Remix w/ Ill Gates)
41. Yan Zombie – I Don’t Wanna Be Numb Anymore w/ Mos Def Priority
42. Bonus Beatdown

lundi 18 avril 2011

ANTHONY JOSEPH & THE SPASM BAND BIRD HEAD (FUNK)



Anthony Joseph, poète et chanteur, est originaire de Trinidad. Il a publié trois recueils de poèmes, un livre et un cd de spoken words. Avec le Spasm Band, sur une base afro jazz funk, il place sa voix avec la même puissance expressive que Gil Scott Heron sur "the revolution will not be televised".

Bien que réussi, le premier album, "leggo de lion", souffrait d'une trop grande linéarité, due justement au fait qu'il ne se contentait que de déclamer ses pèmes, ce qui pouvait lasser sur la totalité d'un album.

Avec "bird head son", le tir est corrigé, et Anthony Joseph, tout en continuant à déclamer ses textes, se laisse désormais aller, et se lâche sur les instrus irréprochables de son Spasm Band. Ainsi, il se met à placer ici et là des lignes de chants, d'inspirations soul, fort bienvenues et des plus réussies. Musicalement, des lignes de basses groovy et funky, une section cuivre jazz à la limite du free, et des percussions dopant le rythme, créent une couleur musicale chaleureuse et colorée. Alternant véritables brûlots endiablés ("vero", "robberman", "dream on corbeau mountain"...) et longues plages psalmodiées ("conductors of his mistery", "bird head son", "cutlass"...), le coktail musical proposé sur ce "bird head son" est des plus riche et propice à la transe.

On retrouve quelques invités venus prêter main forte sur cet album : le vibraphoniste David Neerman, le légendaire tromboniste Joe Bowie (Defunkt) ainsi que Keziah Jones, dont on reconnait aisément la guitare sur "the bamboo saxophone".


Ce deuxième album, "Bird Head Son" est donc une fusion des plus réussies entre le groove des Jb's de James Brown, les rythmes afro caribéens de Cymande, la classe de Marvin Gaye et la poésie de Gil Scott Heron.

dimanche 17 avril 2011

NÔZE - DRING LP




Depuis Songs On The Rocks et la longue tournée qui s’en est suivie, Nôze est presque devenu sa propre caricature. A force de descendre des bouteilles de vodka sur scène en meuglant, les deux Parisiens ont fini par incarner le versant le plus paillard de la house, quitte à livrer des lives plus gueulards que musicaux et des singles un peu douteux ("Meet Me In The Toilets"). Il était donc temps pour eux de sortir un nouvel album et de remettre les pendules à l'heure. Non, Nicolas Sfintescu et Ezechiel Pailhès ne sont pas que des entertainers avinés, et leur cocktail électro-acoustique n’a rien en commun avec la Villageoise. Et s’ils connaissent parfois quelques problèmes de dosage dans la préparation de leurs élixirs, ce n’est pas le cas sur ce quatrième effort, qui part moins dans l’outrance que son prédécesseur.


Exit les éructations qui rendaient si difficile, à la longue, l’écoute de morceaux comme "Slum Girl" ou "Childhood Blues". L’idée de singer Tom Waits leur a visiblement passé, et ce n’est pas plus mal. Le chant est plus posé, mieux maîtrisé. Nicolas Sfintescu livre même une belle performance vocale, presque théâtrale, sur le dernier titre de l’album, une comptine folk carrément malsaine, où il encourage une "little girl" à toucher son "willi willi" dans les toilettes… Hum. Autre bonne nouvelle, Nôze se décide enfin à sonner comme un vrai groupe, et s’éloigne du même coup de la house minimale pour s’enfoncer encore plus dans le jazz, la chanson, les musiques latines et gitanes. Les cuivres, qui se font entendre sur une bonne moitié du disque, ajoutent du relief aux compositions, que ce soit en appui rythmique, comme dans une fanfare, ou en solo – le trombone de "C’era Una Volta" est particulièrement mémorable.

La formule ne fonctionne pas toujours et l’indigestion guette sur le single surchargé et un rien vulgaire "Dring Dring" (featuring Riva Starr), ou le reggae faiblard de "In The Back Of My Ship" – avec leurs potes de dOP, décidément pas à la fête après la sortie d’un premier album ssez décevant au vu de leur énorme potentiel. Le ronronnant "Nubian Beauty" ne parvient pas non plus à susciter une once d’intérêt. Partout ailleurs, en revanche, et pour peu que l’on accepte d’entrer dans l’univers baroque des deux allumés, on ne trouvera que du bon. Mélancoliques et slavisants, les arpèges de piano et les choeurs de "When Tiger Smoked" feraient presque penser à Matt Elliott, même s’ils sont ici associés à un beat housey et un synthé/basse bien gras. Le résultat est bluffant, c’est l’un des meilleurs moments de Dring.

Beaucoup plus festif, "Marabout" est le plus tubesque du lot, dans le plus pur style du duo, entre piano house, klezmer et swing des années 30, avec des chœurs bien barrés et ce fameux accent français merdique qui plaît tant aux anglo-saxons. Le bluesy "Exodus", avec les Hambourgeois de Wareika, est également assez réussi, tout comme le très atmosphérique et jazzy "Cinq", qui renvoie au côté un peu plus expérimental de leurs premières productions.

En bref : comme tous les albums de Nôze, Dring n’est pas exempt de défauts mais offre des moments d’euphorie assez marquants où s’enchevêtrent house, klezmer, jazz et chanson. Un bon cru, fortement imprégné de cuivres, pour ce duo parisien toujours aussi unique et attachant.